Bonjour, Merci pour ce texte vraiment intéressant.Puis-je me permettre de vous demander quel statut vous donnez à ces nouvelles archives d’images générées ?Ayant moi-même commencé par utiliser mes anciens travaux sur le corps, réalisés il y a 30 ans, pour expérimenter avec Midjourney, j’ai constitué depuis trois ans une sorte de bibliothèque d’« image prompts », de --seed et de --sref, autant d’ingrédients dans lesquels je pioche désormais à volonté pour guider mes rendus. Pour préciser d’où je parle : https://saintpixel.shop/fr/pages/the-process
Bonjour, merci Saintpixel pour votre message, très beau travail.
Votre question pointe ce que je n'ai pas développé dans le texte. Je distingue désormais trois archives, pas une.
La première : l'archive photographique elle-même. Une trace, datée, indexicale, sans laquelle l'IA n'a rien à accomplir. Et toujours ouverte à de nouvelles prises.
La deuxième : les composés générés. Les « synthèses » au sens du texte, ni l'archive d'origine, ni ce qu'aurait produit l'outil seul.
La troisième est celle que vous décrivez : la bibliothèque de seeds, srefs, image prompts. Ce n'est plus une archive documentaire mais une grammaire opératoire. La codification de ce qui fait votre signature, transformée en ingrédients (pour reprendre votre mot). Pas le travail, son système de production.
Cette distinction me paraît importante parce qu'elle pose des questions de nature différente à chaque niveau : la première relève de la mémoire, la deuxième de la paternité, la troisième de la souveraineté. Qui possède la grammaire, sous quelles conditions est-elle transmissible, qu'arrive-t-il si elle fuite ?
Merci pour cette réponse, elle clarifie bien ce que je pressentais.
J’aurais tendance à voir cette troisième archive, bibliothèque de seeds, de srefs, d’image prompts, comme une étape intermédiaire plutôt que comme le point d’arrivée de la singularité.
Elle constitue bien une grammaire singulière, puisqu’elle n’est pas un stock neutre : elle a été élaborée, choisie, testée, accumulée en vue d’une fin. Mais elle n’est pas cette fin. Elle ne dit pas encore entièrement ce que l’on cherche à faire voir, ni la manière dont on amène le modèle à s’écarter de ses résultats les plus attendus.
On part peut-être d’une image assez culinaire, avec cette idée d’ingrédients. Mais très vite, la question devient presque cartographique : non plus seulement ce que l’on met dans le modèle, mais vers quelles zones on essaie de le déplacer. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’avoir une recette, mais aussi d’éviter que le modèle reprenne l’autoroute.
C’est peut-être là que les espaces latents deviennent intéressants à interroger, pas seulement comme des réservoirs de formes, mais comme des territoires de représentation. Les explorer, les visiter, les orienter ou les faire dériver permet peut-être de mieux comprendre ce qu’ils condensent de nos habitudes visuelles, de nos archétypes, de nos réflexes de reconnaissance.
Vous mettez le mot juste : territoires de représentation. Non pour les habiter, mais pour les rendre interrogeables. C’est le sujet sur lequel je travaille en ce moment.
Bonjour, Merci pour ce texte vraiment intéressant.Puis-je me permettre de vous demander quel statut vous donnez à ces nouvelles archives d’images générées ?Ayant moi-même commencé par utiliser mes anciens travaux sur le corps, réalisés il y a 30 ans, pour expérimenter avec Midjourney, j’ai constitué depuis trois ans une sorte de bibliothèque d’« image prompts », de --seed et de --sref, autant d’ingrédients dans lesquels je pioche désormais à volonté pour guider mes rendus. Pour préciser d’où je parle : https://saintpixel.shop/fr/pages/the-process
Bonjour, merci Saintpixel pour votre message, très beau travail.
Votre question pointe ce que je n'ai pas développé dans le texte. Je distingue désormais trois archives, pas une.
La première : l'archive photographique elle-même. Une trace, datée, indexicale, sans laquelle l'IA n'a rien à accomplir. Et toujours ouverte à de nouvelles prises.
La deuxième : les composés générés. Les « synthèses » au sens du texte, ni l'archive d'origine, ni ce qu'aurait produit l'outil seul.
La troisième est celle que vous décrivez : la bibliothèque de seeds, srefs, image prompts. Ce n'est plus une archive documentaire mais une grammaire opératoire. La codification de ce qui fait votre signature, transformée en ingrédients (pour reprendre votre mot). Pas le travail, son système de production.
Cette distinction me paraît importante parce qu'elle pose des questions de nature différente à chaque niveau : la première relève de la mémoire, la deuxième de la paternité, la troisième de la souveraineté. Qui possède la grammaire, sous quelles conditions est-elle transmissible, qu'arrive-t-il si elle fuite ?
Merci pour cette réponse, elle clarifie bien ce que je pressentais.
J’aurais tendance à voir cette troisième archive, bibliothèque de seeds, de srefs, d’image prompts, comme une étape intermédiaire plutôt que comme le point d’arrivée de la singularité.
Elle constitue bien une grammaire singulière, puisqu’elle n’est pas un stock neutre : elle a été élaborée, choisie, testée, accumulée en vue d’une fin. Mais elle n’est pas cette fin. Elle ne dit pas encore entièrement ce que l’on cherche à faire voir, ni la manière dont on amène le modèle à s’écarter de ses résultats les plus attendus.
On part peut-être d’une image assez culinaire, avec cette idée d’ingrédients. Mais très vite, la question devient presque cartographique : non plus seulement ce que l’on met dans le modèle, mais vers quelles zones on essaie de le déplacer. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’avoir une recette, mais aussi d’éviter que le modèle reprenne l’autoroute.
C’est peut-être là que les espaces latents deviennent intéressants à interroger, pas seulement comme des réservoirs de formes, mais comme des territoires de représentation. Les explorer, les visiter, les orienter ou les faire dériver permet peut-être de mieux comprendre ce qu’ils condensent de nos habitudes visuelles, de nos archétypes, de nos réflexes de reconnaissance.
Vous mettez le mot juste : territoires de représentation. Non pour les habiter, mais pour les rendre interrogeables. C’est le sujet sur lequel je travaille en ce moment.